Saint-Esteben / Donoztiri fait partie de la vallée de l’Arbéroue du nom de la rivière qui la traverse.
Cette dernière est alimentée par deux sources principales, celle d’Eiheraldia à Helette et celle d’Uhaldegaraia à St Esteben. L'arberoue longe le flanc ouest du massif Eltzarruze-Lerdatze-Latxapuru, poursuit sur St Martin d’Arberoue où elle traverse de part en part la colline du Gaztelu où se trouvent les grottes d’Isturits, Otsozelaia et Erberua, ressort à Isturits, continue sur Ayherre, La Bastide Clairence, Oregue pour se mêler ensuite au Lihoury (en provenance d’Iholdy) à Bardos, rejoindre la Bidouze à Bidache puis l’Adour à Guiche.
Si l’Arberoue est le principal cours d’eau de St Esteben, Garraldako Erreka draine quant à lui la partie ouest de la commune pour rejoindre ensuite l’Aran (surnommée La Joyeuse) en provenance du Baigura (Helette).
La superficie de la commune est de 1371 hectares.
Son point culminant est le mont Garralda (465 m), son point le plus bas est à 118 m.
La population en 2025 s’établit à environ 451 habitants.
Elle a culminé à 795 en 1846 pour descendre jusqu’à 359 en 1999.
Comme de nombreuses communes du Pays Basque intérieur, une forte émigration a saigné sa population notamment au 19ème siècle vers l’Amérique du Sud. Ce sujet est fort bien exposé sur le site de l’Institut Culturel Basque.
Les habitants de Saint Esteben sont les Stéphanois / Donoztiritar.
La commune de Saint-Esteben, ou Donoztiri en basque, s’inscrit dans l’histoire ancienne de la Basse-Navarre, territoire frontalier marqué par l’influence durable du royaume de Navarre. L’existence du village est attestée dès le XIIIᵉ siècle, autour de sa paroisse dédiée à Saint Étienne, qui a constitué le premier noyau d’organisation religieuse et communautaire. Le village se développe dans la vallée de l’Arbéroue, axe naturel de circulation et d’échanges, favorable à l’implantation humaine depuis le Moyen Âge.
Au cours des siècles médiévaux, Saint-Esteben relève des institutions navarraises et de la noblesse locale, dont certaines maisons jouèrent un rôle administratif et militaire. Comme l’ensemble de la Basse Navarre, le village est affecté par les troubles liés aux guerres féodales, puis par les guerres de Religion aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, qui entraînent destructions et reconstructions, notamment du patrimoine religieux. En 1620, l’intégration définitive de la Navarre au royaume de France marque un tournant politique, sans pour autant effacer les usages, le droit coutumier et la langue basque, qui demeurent profondément ancrés dans la vie quotidienne.
Jusqu’au XIXᵉ siècle, Saint-Esteben conserve un mode de vie essentiellement rural, fondé sur l’agriculture, l’élevage et une organisation sociale centrée sur la maison (etxea), véritable pilier de l’identité basque. Malgré les évolutions économiques et sociales de l’époque contemporaine, le village a su préserver son caractère, sa mémoire collective et ses traditions, témoignant aujourd’hui d’une histoire continue où se mêlent héritage navarrais, culture basque et attachement au territoire.
La vallée de l’Arbéroue, dans laquelle s’inscrit Saint-Esteben, est l’un des territoires les plus anciennement occupés du Pays Basque intérieur. Sa géographie – reliefs calcaires, présence de cours d’eau, abris naturels et ressources abondantes – a favorisé une installation humaine très précoce. Les traces les plus remarquables de cette occupation remontent à la Préhistoire, comme en témoignent les célèbres grottes d’Isturitz, d’Oxocelhaya et d’Erberua, situées à proximité immédiate dans la vallée. Ces sites majeurs de la préhistoire européenne ont livré des vestiges datant du Paléolithique supérieur, attestant d’une présence humaine continue il y a plus de 30 000 ans, avec des outils, des objets d’art mobilier et des restes de faune.
Au fil des millénaires, la vallée est demeurée un espace de passage, de peuplement et d’exploitation agricole, structurant progressivement les communautés humaines autour des terres cultivables et des voies naturelles. À l’époque antique puis médiévale, cette occupation ancienne se prolonge par l’organisation de paroisses, de maisons rurales et de seigneuries, inscrivant durablement la vallée de l’Arbéroue dans l’histoire de la Navarre et du Pays Basque. Cet héritage préhistorique exceptionnel confère aujourd’hui à la vallée une profondeur historique unique, faisant le lien entre les premières sociétés humaines et les villages actuels qui perpétuent cette relation étroite entre l’homme et son environnement.
La Maison Sorhaburu
Sorhaburu, signifie « au bout du champ ou en limite du champ ». Cette maison noble citée dès 1249 a été construite sur les fondations d’un ancien château-fort du XIIIème siècle. Deux corps de bâtiment remaniés au XV et XVIème siècles constituent actuellement le domaine.
La maison a fait office de douane, d’hospice et aussi de maison officielle censée représenter la délégation régionale des pouvoirs du royaume de Navarre.
En 2005, complètement envahie par le lierre, la maison a été sauvée de l’abandon par Claude et Eric, deux passionnés de l’histoire. Grâce à leur courage les murs se sont rétablis, les fenêtres réouvertes et le tout a été mis sous toit.(Photos ci-dessus).
En 2012, une nouvelle équipe a pris le relais, les sœurs Rosas et Dirk Nellens. Ils se sont installés à St-Esteben après avoir vécu à Bruxelles, fort d’une expérience dans la restauration et les évènements festifs (co-gérance du Havana Club et propriétaire d’un restaurant bio).
Ce trio s’est attaqué à la restauration et à la transformation du château en 4 chambres d'hôtes de charme.
L'Église Saint-Etienne
La paroisse de Saint-Esteben est mentionnée dès 1320, mais l'église actuelle ne semble pas antérieure au 17e siècle ; elle a été probablement reconstruite ou très fortement reprise au 17e siècle après les destructions entraînées par les guerres de religion. Par ailleurs, le mur de façade ouest, dans lequel s'ouvre la porte surmontée de la date 1692 est postérieur aux murs de la nef. On peut donc avancer l'hypothèse d'une reconstruction dans la première moitié du 17e siècle, postérieure à 1620 (mise au pas des huguenots), et d'une reprise de la façade en 1692, suivie au cours du 18e siècle par la construction du presbytère appuyé à celle-ci, et par l'aménagement intérieur de l'église (tribunes, chœur), complété au 19e siècle (garde-corps du chœur). Bon exemple d'église traditionnelle basque, à nef unique, avec plafond lambrissé, double niveau de tribunes et très riche décor mobilier au niveau du choeur.
Elle possède un magnifique clocher-fronton, son abside est polygonale et abrite un retable spectaculaire du XVIIIe siècle. Le porche est surmonté d'une salle qui servait autrefois de mairie. On peut remarquer sur le sol du porche des stèles funéraires discoïdales qui servent aujourd'hui de pavement. Toutefois, on peut en trouver en place dans le cimetière dont une pourrait dater du XVe siècle. On pense que cette église pourrait avoir été, à l'origine, la chapelle de la maison noble "Jauregia" (XIIIe siècle) qui se dresse juste derrière.
L’église Saint Etienne de SAINT-ESTEBEN, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, a fait l’objet d’une opération complète de restauration des décors intérieurs
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Mardi : 08h00 - 12h30 / 13h00 - 17h00
Mercredi : 08h30 - 12h30
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